Les Livres des Chroniques

Père Ébodé Onambélé Benjamin, m.s.a.

LES LIVRES DES CHRONIQUES

Ils font partit du groupe des livres dits historiques.

La Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément. Les livres des Chroniques sont une œuvre du Judaïsme postexilique (après l’exil à Babylone : déportation 586), d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale.

C’est saint Jérôme qui a donné le nom Chroniques (à cause des longues généalogies) à ces livres.

L’auteur des Chroniques est un lévite de Jérusalem qui appartient profondément à ce milieu. Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les Lévites, selon l’Esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites.

Les livres des Chroniques sont issus sans doute, du même milieu en Israël et constituent un seul ouvrage. Ils racontent l’histoire du peuple de Dieu depuis ses origines jusqu’à l’exil à Babylone. Le rédacteur utilise les livres qui lui sont antérieurs particulièrement les livres de Samuel et des Rois.

Les parties du premier livre des Chroniques

  1. Rappelle de toute l’histoire d’Adam à David, sous forme de listes généalogiques (chap. 1-9)

  2. Consacrée à l’histoire du règne de David (chap. 10-29), elle développe tout ce qui conduisit David à prévoir et préparer la construction du Temple de Jérusalem : le rapatriement du coffre de l’alliance.

Les parties du deuxième livre des Chroniques

  1. Le règne de Salomon, fils de David (1-9)

  2. Le règne de ses descendants sur le royaume de Juda, jusqu’à la prise de Jérusalem par Nabucodonosor et l’exil à Babylone (chap. 10-36)

Contenu : 

Le récit commence avec Adam et se termine avec l’exil de Babylone. La période pré-davidique est rappelée sous la forme de généalogies, accompagnées de quelques détails historiques. Après une brève mention de la chute de Saül, l’auteur raconte en détail le règne de David sur tout Israël et souligne en particulier ce qu’il a fait pour le culte et pour la construction du Temple. Le reste du livre est consacré aux rois de Juda et raconte avec plus de détail les règnes de Josaphat, Ezéchias et Josias à cause des réformes religieuses qu’ils ont réalisées.

But :

Sachons qu’Israël est pour l’auteur une Communauté religieuse, le peuple élu et enseigné par Dieu lui-même, pour le servir dans le culte et pour former une communauté, gouvernée par un roi qui reçoit son pouvoir de Dieu, comme s’il était son remplaçant sur la terre. Le thème du livre : l’état est sous l’autorité d’un roi représentant de Dieu. David est le modèle que tous les rois doivent suivre. Mais comme souvent ils ne le font pas, des réformes sont nécessaires. Dans le même esprit que les prophètes, l’auteur attend la réalisation de cet idéal dans l’avenir, et son but est de maintenir vivante chez les lecteurs la foi et la confiance en la promesse de Dieu.

Les enseignements :

  • Dieu seul doit gouverner le peuple d’Israël ;

  • Les rois ne sont que ses serviteurs, chargés de représenter son autorité dans tous les domaines de la vie ;

  • David est le roi parfaitement fidèle (c’est lui qui a conquis Jérusalem, devenue plus tard la ville sainte grâce au Temple ; c’est lui aussi qui a dirigé la vie politique et organisé la vie religieuse d’Israël).

Les livres des Chroniques nous donnent l’occasion de focaliser notre attention sur la personne de David. Qui est le roi David ?

Le Roi David

« David est par excellence le roi « selon le cœur de Dieu », le pasteur qui prie pour son peuple et en son nom, celui dont la soumission à la volonté de Dieu, la louange et le repentir seront le modèle de la prière du peuple. Oint de Dieu, sa prière est adhésion fidèle à la promesse divine, confiance aimante et joyeuse en Celui qui est le seul Roi et Seigneur. Dans les psaumes David, inspiré par l’Esprit Saint, est le premier prophète de la prière juive et chrétienne. La prière du Christ, véritable Messie et fils de David, révèlera et accomplira le sens de cette prière ». Une fois bien établi à Jérusalem, David décida d’y faire venir l’arche d’Alliance. Cela faisait de Jérusalem le centre politique et religieux de la nation. L’arche était un objet sacré, le signe de la présence de Yahvé parmi son peuple.

7 traits fondamentaux de l’Alliance davidique

Alliance ≠contrat = intérêt, qu’est-ce que je gagne ? On parle de contrat en politique.

Nos relations doivent êtres des alliances (gratuité, amitié, je veux le bien de l’autre) et non des contrats.

  1. Dieu accorde un royaume à David.

  2. Dieu promet à David qu’il aura une dynastie.

  3. Le roi devient le fils adoptif de Dieu quand il est oint.

  4. L’Alliance est illimitée dans l’espace et dans le temps.

  5. Jérusalem devient le centre spirituel du monde.

  6. Le Temple est l’emblème architectural de l’Alliance.

  7. La littérature sapientielle est la nouvelle Torah.

Etude de texte : 1 Ch. 17, 16-26 (prière de louange et d’action de grâces de David en réponse à la promesse)

Qu’est-ce qui se dégage de cette prière ?

  • Le ton est humble ;

  • La reconnaissance ;

  • Cette prière est comme une profession de foi ;

  • David répond à l’Alliance de Dieu par une prière ; preuve que David est un roi spirituel ;

  • Dans cette prière, on retrouve une brève relecture des bienfaits de Dieu,

  • Ouvert à la promesse, à la bénédiction qu’il confirme : c’est une attitude d’accueil ;

  • Le souvenir de David ne disparaîtra jamais, son existence sans fin trouve sa réalisation dans sa descendance ;

  • David remercie Dieu et s’en remet humblement à lui ;

  • Dans sa prière, le roi reconnaît que la gloire et la grandeur appartienne à Dieu ;

  • Par les psaumes, David célèbre sa relation avec Dieu ;

  • David bénit Dieu et accueille la bénédiction de Dieu en même temps ;

  • La bénédiction est à la fois une parole et un don qui vient de Dieu. Quand on bénit quelqu’un, on appelle les bienfaits de Dieu sur lui et quand on dit à Dieu « béni sois-tu ! », on reconnaît qu’il est l’auteur de la vie et de tous les biens nécessaires.

David, un modèle qui inspire.

Père Benjamin Ébodé Onambélé , m.s.a.